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Nécessaire, mais loin d’être parfait

Programme de tutorat dans Vaudreuil-Soulanges

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22 mars 2021
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Le programme de tutorat annoncé au début de l’année par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, commence à s’enclencher plus sérieusement pour les enfants du Centre de service scolaire des Trois-Lacs (CSSTL) après quelques retards. 

Alors que la direction générale du CSSTL n’avait pas répondu à notre courriel au moment où ses lignes étaient écrites, le comité de parents a quant à lui dressé un état des lieux. Selon son président, Jonathan Labbé, le programme de tutorat aurait débuté il y a environ un mois dans certaines écoles. 

Il précise toutefois que des établissements accusent des retards en raison d’un problème d’embauche de personnel. 

Pas pour tout le monde

Pour l’ensemble du CSSTL, qui regroupe plus d’une trentaine d’écoles primaires et trois secondaires, une somme d’environ 174 000$ aurait été accordée par le ministère pour bonifier les fonds déjà présents pour ce genre de service, toujours selon M. Labbé. 

« Cela ne peut pas nuire en bout de ligne. Mon souhait, comme parent, parce que je pense qu’on va en avoir besoin, c’est que le ministre réinvestisse encore plus dans le tutorat, espère-t-il. Je ne pense pas que ce soit suffisant pour combler les besoins en tutorat qui ont été créés par la COVID-19. »

Ces fonds insuffisants ont poussé les professeurs à procéder à une sélection des élèves en fonction de ceux qui nécessitent une aide à court terme. Pour M. Labbé, cela va de soi, mais il rappelle que d’autres enfants pourraient aussi se retrouver dans une situation demandant un encadrement supplémentaire. 

« Je suis certain que des élèves n’en bénéficient pas à cause que le budget est plus ou moins gros et qu’ils n’ont pas nécessairement été choisis par le professeur parce qu’il y avait d’autres élèves dans la classe qui en avait plus de besoins », ajoute-t-il. 

Le tutorat sera fait en petits groupes contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère. Les enfants auront droit à une heure par semaine. 

Et les profs là-dedans? 

Du côté des enseignants, bien qu’ils saluent l’initiative de Québec, ils déplorent le peu de fonds investis, mais aussi la surcharge de travail qu’implique le tutorat. 

Selon Véronique Lefebvre, présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil (SERV), les écoles de la région ont reçu entre 700$ et 3000$ pour le programme de tutorat. « Certaines directions d’écoles ont refusé d’embaucher des tuteurs par manque de fonds, alors que d’autres ont refusé que ce soit les enseignants qui aient à faire du tutorat pour leurs élèves », explique-t-elle. 

D’ailleurs, la présidente du syndicat indique avoir reçu de nombreux messages de ses membres considérant le programme comme étant un feu de paille. « Ça vient donner de faux espoirs aux parents puisqu’on engage du personnel, parfois non qualifié pour faire du tutorat avec les jeunes. Aussi, parce qu’il manque de personnel et de fonds, les profs doivent choisir quel élève pourra bénéficier du service et qui en sera privé », ajoute-t-elle.

Évidemment, bien que le tutorat soit fait par une personne autre que l’enseignant, ce dernier doit malgré tout assurer un suivi avec les tuteurs, ce qui augmente la charge de travail des professeurs pour qui, comme le dit Véronique Lefebvre, « la cour est pleine. » 

Il est clair que pour le président du Syndicat de l’enseignement des Seigneuries, François Montpetit, les enseignants ne devaient pas s’occuper de ces suivis. « Nous, ce qu’on veut, c’est que ça ne vienne pas alourdir la tâche des enseignants. Mais en ce moment, c’est exactement le contraire qui arrive », indique-t-il. 

Charge supplémentaire 

Bien que la présentation du projet de tutorat déposée par Québec indique clairement que celui-ci se veut complémentaire au travail de l’enseignant, M. Montpetit s’explique mal comment le fait d’imposer des suivis réguliers, entre le tuteur et le professeur, n’est pas considéré comme un alourdissement de la tâche. En comptant une heure par semaine par élève, les professeurs se retrouvent avec facilement une journée de travail supplémentaire s’ils en prennent plusieurs à charge.    

« Ce n’est pas seulement de revenir sur les rencontres entre le tuteur et l’élève, c’est aussi faire le plan d’intervention, indiquer aux tuteurs ce qui doit être travaillé, les exercices à réviser, fournir le matériel nécessaire. C’est beaucoup de gestion pour les profs qui voient leur liste de tâches s’allonger », déplore M. Montpetit.

D’ailleurs, selon les informations obtenues par l’équipe de Néomédia, les professeurs qui se seraient portés volontaires pour offrir du tutorat seraient rémunérés entre 60$ et 80$ l’heure. Pour les étudiants qui offriront le même service, un salaire horaire de 20$ serait prévu. 

« J’ai défendu que les modalités de communication entre école et tuteur veillent à éviter tout alourdissement de la tâche des enseignants. Fort heureusement, en cas de dépassements des compensations sont prévues, soit en temps ou en argent. Il reste que le tutorat devait nous aider et non pas nous ajouter du travail », poursuit le président. 

Tutorat privé

Le manque de ressources dans le secteur public a poussé bien des parents à se tourner vers des établissements offrant des programmes de tutorat privés. Au centre d’apprentissage Molière et Copernic, le nombre d’étudiants inscrits est passé de 200 à 300 dans la dernière année et une liste d’attente est en cours en fonction des services. 

Sa directrice, Mélanie Dutemple, orthopédagogue, souligne que les demandes ont surtout augmenté pour le secondaire. « Quand les élèves sont revenus en septembre, on était rouillé. Cinq mois cela paraît », fait-elle remarquer.  

Avec l’école à temps partiel, les élèves du secondaire n’ont pas pu rattraper aussi efficacement le retard du printemps dernier que ceux du primaire qui, dans la majorité des cas, étaient présents à temps complet. Mme Dutemple admet que les difficultés sont surtout rencontrées en mathématiques. 

Ainsi, pour une somme de 56$ l’heure, le centre d’apprentissage offre une période de tutorat d’une heure, mais de façon individuelle. Il existe également un partenariat avec la Maison de la famille de Vaudreuil pour offrir des services gratuits aux enfants dans le besoin. Du tutorat en ligne pour l’ensemble du Québec est également offert. 

Attention aux faux tuteurs 

Il est important de rappeler aux parents de prêter attention à la formation des tuteurs privés. « Certains pourraient profiter de la pandémie pour offrir de nouveaux services de moindre qualité », avertit Mélanie Dutemple. 

Dans les établissements reconnus, ainsi que dans le réseau d’éducation, on s’assure que le personnel soit des spécialistes de leur matière avec les compétences requises, et qu’ils fassent partie de leur ordre professionnel. « Plus que jamais, il est important d'offrir des services de qualité », convient-elle. 

Écrit en collaboration avec Jessica Brisson

 

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