“Ça va prendre plus que de l'amour pour continuer” - Ariane Meloche
Des CPE de chez nous sont en grève pour 3 jours à compter d'aujourd'hui
Les 13000 travailleuses de Centres de la petite enfance (CPE) affiliées à la CSN retournent en grève aujourd'hui pour 3 jours afin que, selon leurs revendications, le gouvernement comprenne enfin qu'il doit en faire plus pour freiner la pénurie et valoriser les emplois. Dix-huit municipalités de Vaudreuil-Soulanges et de Beauharnois-Salaberry ont des CPE sur leur territoire, qui sont touchés par cette grève.
Néomédia a parlé à deux représentantes syndicales de garderies dans la région : Les Tourterelles de Salaberry-Valleyfield et La claire fontaine de Pincourt : Ariane Meloche et Stéphanie Blanchard respectivement.
Rappelons que les travailleuses en garderie sont sans contrat de travail depuis 2 ans, souligne Ariane Meloche.
Stéphanie Blanchard de la garderie de Pincourt nous rappelle les principaux enjeux : « le salaire, la surcharge de travail pour les éducatrices, le manque de relève sont les principales problématiques. Selon Mme Blanchard, qui travaille en CPE depuis 25 ans, certains cégeps pensent même à ne plus offrir le DEC en éducation à l'enfance, tant les inscriptions ont diminué ». Mme Blanchard et les éducatrices à la garderie La petite enfance faisaient du piquetage sur le Grand boulevard à l'Île-Perrot aujourd'hui.
Demain, toutes les éducatrices de la province se dirigeront vers Québec pour une manifestation devant le Parlement, pour tenter de faire débloquer les points en litige.
Vendredi, ce sera le retour devant ou près des CPE pour les éducatrices qui souhaitent exprimer leur raz-le-bol au gouvernement.
Ariane Meloche, représentante syndicale des Tourterelles, nous parle aussi de divers enjeux. Elle nous fait part du fait que : « l'offre du gouvernement contient un recul de nos conditions de travail. En effet, le gouvernement veut supprimer le point ``ratio`` dans la convention collective, ce qui laisserait la porte ouverte à augmenter le nombre d'enfants par éducatrice et ce, sans préavis », ce qu'elle trouve inacceptable.
Déjà, fait valoir Ariane Meloche, « les ressources sont épuisées, la relève est quasi introuvable; presque chaque CPE compte au moins une éducatrice en congé de maladie pour épuisement. Les enfants atypiques sont de plus en plus nombreux; la charge de travail est augmentée; de plus en plus d'éducatrices en CPE quittent le milieu pour s'en aller dans des domaines complètement différents, elles n'en peuvent plus », déplore la représente syndicale.
« Il y a aussi le fait que les éducatrices ayant la même formation que nous, gagnent un salaire plus élevé, si elles travaillent dans les services de garde en milieu scolaire, liées au ministère de l'Éducation; pourtant on nous demande les mêmes qualifications et la même qualité de professionnalisme dans les CPE, qui relèvent du ministère de la Famille »,
Mme Meloche ajoute : « de plus, dû du manque d'éducatrices, le ministère songe maintenant à embaucher des éducatrices non qualifiées; comment en va s'en sortir ?, déplore-t-elle.
« Je suis désolée, conclut Ariane Meloche, mais ça va prendre plus que de l'amour pour continuer ».
Les éducatrices invitent les parents et la population à venir les soutenir sur les lignes de piquetage les 2 et 4 avril et à Québec, lors de la manifestation nationale le 3 avril.
Voici la liste des 18 municipalités du Suroît touchées par la grève de trois jours :
Beauharnois, Coteau-du-Lac, Hudson, L'Île Perrot, Les Cèdres, Les Coteaux, Notre-Dame de l'Île-Perrot, Pincourt, Rigaud, Saint-Clet, Saint-Lazare, Saint-Louis-de-Gonzague, Saint-Polycarpe, Saint-Zotique, Ste-Martine, Salaberry-de-Valleyvield, Vaudreuil-Dorion et Vaudreuil-sur-le-Lac.
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