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Climat de travail toxique

Ras-le-bol chez les pompiers de Vaudreuil-Dorion

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8 juin 2021
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Jessica Brisson
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Par Jessica Brisson, Éditrice adjointe

Menaces de congédiement, intimidation, rétention de paie, rupture de contrat à outrance, les pompiers du service des incendies de Vaudreuil-Dorion dénoncent le climat de travail toxique et entament des moyens de pression. 

Tôt ce mardi matin, les pompiers des casernes des rues Forbes et de Lotbinière se sont rendus au travail portant des pantalons cargo aux motifs de camouflage. Sur leurs véhicules personnels, des drapeaux dénonçant la situation sont aussi visibles.

Ceci étant dit, il importe de préciser considérant qu’il s’agit d’un service essentiel, en cas d’appels d’urgence, les pompiers répondront et iront sur les interventions comme toujours. En aucun temps, la sécurité des citoyens n’est en jeu en raison de ces moyens de pression.

Des départs par dizaines

« La direction utilise beaucoup la menace. On a toujours l’impression de travailler avec un fusil sur la tempe », a confié, à Néomédia, sous le couvert de l’anonymat, un membre de la brigade de Vaudreuil-Dorion. Ce sentiment a d’ailleurs été partagé par plusieurs pompiers qui ont accepté de se confier à Néomédia. « Ce n’est jamais vraiment plaisant d’entrer travailler. Nous avons toujours l’impression d’être surveillés, que la direction cherche à nous prendre en défaut plutôt que de saluer nos bons coups », a laissé savoir un pompier en poste depuis plus de quatre ans. 

Selon un autre membre du service des incendies, plusieurs officiers-cadres ont démissionné et certains ont même refusé de joindre le service. « Dans les dernières années, il y a eu près de 45 départs, tant chez les pompiers que chez les cadres. Il y a un énorme roulement de personnel », a-t-il laissé savoir. 

De son côté, le directeur du service des incendies, Terry Rousseau, indique que la nouvelle structure mise en place: soit le personnel en caserne 24 heures sur 24, expliquerait, en partie, le roulement important de personnel. « Plusieurs de nos pompiers ont dû quitter parce que leurs disponibilités ne cadraient plus avec le service. Une ville comme la nôtre est en quelque sorte le club-école pour les plus gros services d’incendie. Quelques-uns des pompiers avaient même déjà des ententes avec la Ville de Montréal », expliquait, il y a quelques semaines, M. Rousseau qui ajoutait: « il va toujours avoir une partie de notre équipe qui va quitter, mais c’est une réalité qui va finir par se résorber. Ceci dit, c’est désolant de voir de nos membres partir. »

Par ailleurs, Néomédia a appris qu’un chef aux opérations a remis sa démission dans la dernière semaine afin de joindre les rangs du service des incendies de Victoriaville. 

Congédiements injustifiés

Congédié avant même d’avoir été rencontré par ses supérieurs, un ancien aspirant capitaine déplore également les méthodes de la direction qu’il décrit comme étant répressives et près de la dictature. « Ma période de probation devait se terminer quelques jours après ma rencontre avec le directeur. La seule et unique rencontre, d'ailleurs, que j’ai eue avec lui. Au cours de cette même rencontre, on m’a remis ma lettre de fin d’emploi. Ç’a été une claque en plein visage », souligne-t-il. 

Il ajoute: « ils [la direction] ont bien beau nous dire qu’ils impliquent les membres du service dans la prise de décision, mais c’est faux. Nos recommandations sont ignorées, ce n’est pas tous les pompiers qui sont formés adéquatement, les habits de combat ne sont pas inspectés comme il se doit. L’argent n’est pas mis à la bonne place. » 

Un autre pompier poursuit: « J’ai vu des gars pleurer par peur de perdre leur job ». Selon les différents pompiers rencontrés, plus d’une dizaine de lettres de congédiement ont été envoyées sans réelles justifications. « J’ai été témoin de tentatives d’intimidation surtout quand les pompiers postulaient à Montréal », renchérit un collègue. 

La Ville mise aux faits

Selon les pompiers rencontrés par Néomédia, l’administration municipale est au fait du climat toxique qui se vit au sein de son service des incendies. Or, il semblerait qu’elle fasse la sourde d’oreille. « Nous avons envoyé des lettres à la direction générale et tout ce que nous avons reçu est un avis de réception. Quand on s’adresse aux élus, on se fait répondre qu’ils ne sont pas au courant du dossier », a laissé savoir un pompier. 

Sans convention collective depuis le 31 décembre 2019, les membres de la brigade déplorent le manque d’ouverture de la part de la Ville à la table de négociations. Soulignons que lesdites négociations sont en cours depuis un peu plus d’un an déjà. « Ils refusent les négociations conventionnelles. Après deux rencontres, ils ont fait appel à un médiateur », nous a-t-on confié. « Comme tout le monde, nous voulons de meilleures conditions de travail. Nous sommes au bout du rouleau ».

Néomédia a tenté de communiquer avec le directeur du service des incendies, M. Rousseau pour faire le point sur la situation actuelle. Or, considérant qu’un médiateur est impliqué dans dossier, celui-ci ne peut commenter le dossier. Même son de cloche au niveau des élus municipaux siégeant au comité de sécurité publique et du maire, Guy Pilon.  Du point de vue de l’administration, la consignée est claire: « Nous n’émettrons pas de commentaires », de dire la directrice des communications, France Lavoie.

 

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3

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  • SGVP
    Steeve Grandbois V-P UEDN 10504
    temps Il y a 3 ans
    Ca va arrêter quand cette intimidation là envers les pompiers!!!
    Même situation à Valcartier!!!
  • S
    SG
    temps Il y a 3 ans
    Ca prend du courage et de la détermintion pour dénoncer les abus de pouvoir. Espérons que, avec le soutien du publique, on pourra résoudre ces conflits en toute transparence.
  • JP
    Jacqueline Plouffe
    temps Il y a 3 ans
    Je trouve dommage pour tout le monde
    C est déjà un travail difficile, l ambiance est importante.
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